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Une Eglise sans les femmes? Inimaginable   

Tour d’horizon dans les diocèses

Que les femmes soient essentielles à la vie de notre Eglise est une évidence. A la base, dans les paroisses, il en est déjà ainsi, et depuis de nombreuses années déjà. Mais qu’en est­il dans les structures faîtières des diocèses, par exemple? Nous avons demandé et reçu une réponse de presque tous les évêchés de Suisse.

Kirche mit den Frauen | © Adrian Müller
Frauen sind gefragt | © Adrian Müller

Commençons par le petit diocèse de Lugano, où Chiara Gerosa a été la première à nous répondre. «Au cours des dernières décennies, les mentalités ont beaucoup évolué quant à la place des femmes dans l’Eglise. Des postes à responsabilité leur sont maintenant ouverts et la place des femmes est devenue de façon quasi naturelle aussi bien dans les paroisses que dans le diocèse». «Il y a des présidentes de conseil de paroisse, des catéchistes et des femmes en charge de la gestion de la paroisse, en particulier dans les plus petites.»

Dans les paroisses, cette présence féminine a été favorisée à cause du manque de prêtres pour les mais cela a été également une des conséquences du droit de vote accordé aux femmes.

Les femmes ont une approche différente ...

A l’évêché, des femmes travaillent à l’économat, à la chancellerie et au service de presse

Ainsi, la directrice du Giornale del Popolo (le diocèse de Lugano est l’actionnaire majoritaire de ce journal) est une femme, Mme Alessandra Zumthor. Il en va de même pour le COMEC, le centre des médias catholiques, avec à sa tête Mme Cristina Vonzun. Pour Chiara Gerosa, il est tout à fait pensable que des femmes accèdent dans un proche avenir à des postes de responsabilité dans le Conseil d’administration de l’évêché et dans les paroisses. Elles pourraient même devenir diaconesses.


Luisa Bucher qui travaille à l’administration diocésaine déclare: «Je me sens à l’aise dans mes fonctions, parce que je suis apprécié pour le travail que je fournis et en tant que femme, je suis considérée comme tous les autres. Ici, on considère les compétences de la personne et on ne se pose pas la question de l’homme ou de la femme».


Pour le diocèse de Sion, l’Administrateur du diocèse Stéphane Vergère répond qu’ «il y a lieu de distinguer la gestion de services pastoraux de la gestion administrative. Si l’on constate que les femmes sont bien présentes à la direction de certains services (Catéchèse, Pastorale familiale, Commission de liturgie), elles ne le sont pas encore au niveau de la gestion administrative, mais elles le sont en revanche dans le cadre des divers secrétariats».

Les femmes offrent leur sensibilité et leur écoute

«On ne compte pour l’instant aucune femme dans le conseil épiscopal. Cela n’empêche pas que le monde féminin reçoit toute l’écoute et l’attention de la part de l’évêque et de son conseil». Mais il souligne que dans les paroisses «les femmes occupent une très grande place. Même si elles ne pas présentes à l’autel, elles le sont dans l’éveil à la foi, l’accompagnement des enfants et adolescents (parcours aux sacrements – groupes de jeunes). Elles offrent leur sensibilité et leur écoute dans leur environnement immédiat. Certaines parmi elles sont souvent les priantes de la communauté».

Stéphane Vergère ajoute: «Il n’est pas impossible que notre diocèse compte dans le futur une femme au sein du Conseil épiscopal. Les circonstances nous aideront sans doute à être attentifs aux possibilités qui s’offrent le moment venu».

Les femmes sont demanderesses

«A l’exception des fonctions sacramentelles réservées à l’évêque, des femmes travaillent avec nous dans toutes les fonctions et à tous les niveaux de responsabilité – des organes paroissiaux à ceux du diocèse», souligne le chargé de la communication du diocèse de Bâle, Hansruedi Huber. Comme dans le reste de la société, les femmes sont présentes à tous les niveaux de responsabilité dans l’Eglise de Bâle.

Quatre femmes travaillent actuellement dans les organes faitiers du diocèse. Lorsqu’on lui a demandé s’il entrevoyait la perspective de femmes comme diaconesses ou prêtresses, Hans Ruedi Huber dit succinctement: «C’est du domaine du possible mais cette décision ne nous appartient pas».


Barbara Kückelmann, théologienne et chargée pastorale du diocèse de Bâle reconnaît: «Ce n’est pas toujours évident d’évoluer dans une structure dominée par les hommes depuis des siècles. Néanmoins, j’ai une grande liberté de création, je peux concocter, développer mes idées et je suis soutenue par mes supérieurs. Je peux aussi donner mon point de vue et je suis écoutée. Mais j’ai quand même fait l’expérience : en cas d’urgence, un prêtre est préféré, sa voix compte plus qu’on pense, indépendamment des qualifications».


Coordonnatrices d’équipes pastorales

L’Eglise dans le diocèse de Saint-Gall vit en grande partie sur l’engagement de nombreuses femmes qui travaillent à plein temps et également sur celui de bénévoles. On pourrait ainsi résumer les déclarations de Sabine Rüthemann en charge des informations diocésaines.

Assistantes pastorales, dans certains cas, les catéchistes, travaillent comme responsables de paroisse ou font partie de l’équipe de coordination dans les unités pastorales et dirigent des institutions spécialisées. Dans l’administration centrale du diocèse, les femmes se voient confier des responsabilités importantes.

Malheureusement, selon Sabine Rüthemann, il n’y a actuellement pas de femmes à des postes clé. Elle souhaite qu’il y ait plus de femmes qui postulent à l’avenir pour ces postes et se félicite quand même de la place de toutes les enseignantes dans les facultés de théologie.

Esprit d’équipe

Un point d’une importance capitale encore, aux yeux de la chargée de communication: le travail d’équipe, hommes et femmes compris, et cela dans la variété des services et dans les structures pastorales.

Les voix des femmes sont prises en compte dans notre diocèse au moment des prises de décisions. Si on aborde le sujet des femmes prêtres ou diaconesses, Sabine Rüthemann répond: «Sur le plan universel, les femmes comme diaconesses – le Pape en parle également – comme les femmes prêtres, en particulier dans notre environnement social, sont tout à fait imaginables, mais ce n’est pas de notre pouvoir de décision».


Sabine Rüthemann, responsable de la communication du diocèse de Saint-Gall déclare : « Je me sens à l’aise dans mon travail, parce que mes compétences sont appréciées. J’ai beaucoup de liberté créative pour mener à bien mes projets dans le domaine de la communication. La coopération avec mon supérieur, Mgr Markus Büchel, comme avec les autres employés de l’évêché, est très gratifiante».


En grande majorité des femmes

Je me sens tout à fait intégrée et mon travail est pris au sérieux, dit Laure-Christine Grandjean, responsable de la communication du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Elle estime qu’actuellement, environ 70 % des employés de l’Eglise de son diocèse sont des femmes A l’évêché de Fribourg, la moitié de tous les employés sont des femmes. Parmi ces places, on peut relever celles de conseillères (planification pastorale, communication, théologie, etc.).

Une femme siège au Conseil épiscopal, en qualité de responsable de la planification pastorale. Pour Laure-Christine Grandjean, il est crucial que les femmes et les hommes travaillent en étroite collaboration et, ce qui est irremplaçable selon elle, c’est la collaboration et la complémentarité hommes-femmes dans les différents comités. Elle ajoute que «l’évêque soutient le fait qu’un poste à responsabilité peut être rempli par une femme. Après, il ne convient pas de placer une femme «pour placer une femme». Il faut juste que les personnes nommées soient compétentes.

Beat Baumgartner

 

P.S: En dépit de plusieurs requêtes de la part de notre rédaction, le diocèse de Coire n’a pas répondu à notre questionnaire.


Femmes au service de nos communautés

Dans nos quatre communautés capucines de Suisse romande, nous comptons une dizaine d’employées qui sont engagées dans divers secteurs, comme la procure des missions, le secrétariat, l’accueil, la cuisine, la buanderie. L’Hôtellerie franciscaine de St-Maurice ne pourrait faire face à son statut hôtelier minimal sans un personnel laïc, essentiellement féminin, car son statut particulier l’exige.

Pour nous qui étions autrefois autosuffisants et vivions en autarcie, ces nouvelles situations nous enrichissent du vécu du personnel, dans un esprit de solidarité.

Mais le ministre Général de notre Ordre nous demande de ne pas oublier le travail manuel qui peut être assumé par les membres de nos fraternités. Il nous exhorte à ne pas vivre comme des bourgeois ayant des personnes à leur service pour leur confort.