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Corps et réligion - La signification du corps pour la foi et la spiritualité   

frères en marche – Revue missionnaire des Capucins suisses

Chères lectrices, chers lecteurs

Qui n’a pas eu ce sentiment extraordinaire d’être porté par l’eau? Elle n’est pas dangereuse en soi, il s’agit simplement de nous laisser porter, de nous abandonner en toute confiance. Donc, pas de panique. C’est un peu l’image du baptisé plongé dans la mort du Christ pour renaître à une vie nouvelle, en toute simplicité et en toute vérité.

De nombreuses religions reconnaissent l’eau comme une importante expérience spirituelle. Souvent, l’eau est en lien avec la purification corporelle. On trouve cela non simplement dans les religions orientales mais bien sûr aussi dans le christianisme. L’eau fait essentiellement partie du rituel du baptême. Aujourd’hui, on verse tout simplement de l’eau sur le front de l’enfant.

Jusqu’au 12e siècle, on plonge le corps tout entier dans la cuve baptismale, à Riva San Vitale (TI) et à l’Abbaye de St-Maurice (VS), de sorte que celui qui a demandé le baptême fasse l’expérience comme d’une suffocation avant qu’il n’en sorte comme un être nouveau, plongé dans la mort du Christ pour renaître en Lui. Le baptême des femmes est alors confié à des diaconesses.

La manière d’appréhender le corps a souvent changé au cours de l’histoire et il en va de même dans les religions. Des mouvements ascétiques le mirent à dures épreuves. Les ascètes espéraient ainsi s’approcher plus facilement de Dieu. Même saint François d’Assise, peu avant de mourir, reconnut avoir malmené «frère âne» en parlant de son propre corps.

Aujourd’hui, on accorde beaucoup d’attention au corps, même dans la for-mation à la vie religieuse où l’on ne trouve pratiquement plus de retraites ou de séances de méditation qui n’intègrent pas le langage du corps.

Ce numéro aborde la manière dont les religions appréhendent le corps, en théorie et en pratique. Une question pour finir: est-ce que la chair et le corps sont une seule et même chose ou pas? Peu importe, ce qui compte, c’est que notre corps est le Temple de Dieu, le lieu de rencontre avec Dieu.

Dans sa lettre aux Corinthiens (1 Cor 3,16), saint Paul nous interpelle en ces termes: «Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous

Bernard Maillard